
Il y a 30 ans aujourd’hui, l’écrivain Hubert Aquin allait se shotgunner la face dans le boisé de l’école Villa Maria; le Québec perdait du coup l’un de ses auteurs et intellectuels les plus importants, sinon LE plus important. Il lègue derrière lui une oeuvre romanesque baroque et complexe, dans la plus pure lignée joycienne, refusant avec éclat le pittoresque et l’aplatventrisme de la littérature québécoise du moment. Il participe aussi du mouvement “décolonialiste” québécois aux côtés de Gaston Miron, de Jaques Ferron et de Pierre Vallières, pavant du coup la voie à l’entreprise souverainiste des années 60.
Sur une note plus personnelle, je tiens à souligner mon admiration la plus absolue pour l’homme et l’oeuvre, responsables de ma bifurcation vers les études littéraires (pas pire pour un gars qui n’avait auparavant lu que Martine à la plage et Un monstre dans mes céréales). Je ne peux que conseiller à tous la lecture de ses romans, qui ne vous laisseront assurément pas indifférents.
Romans, en ordre de rédaction: L’invention de la mort, Prochain épisode, Trou de mémoire, L’Antiphonaire, Neige noire.
Repose en paix, Hub.

Un monstre dans mes céréales ! Plus grand chef d’oeuvre de l’histoire littéraire après Toto la brute et Tricot, piano et jeu vidéo. 1994 pour toujours !
Je tiens à souligner que hier soir, il y a eu un «hommage» (c’est vite dit…) à Hubert sur l’écran du Syndrome. C’était particulièrement émouvant pour nous, lettreux (puisque nous sommes probablement les seuls à avoir compris la référence). De toute beauté, assurément.